RETRAITES
27/04/10
Retraites....ça nous concerne tous

Les attaques contre la retraite et la protection sociale se multiplient. Aujourd'hui Nicolas Sarkozy et son gouvernement, main dans la main avec le MEDEF, cherchent à susciter l'angoisse afin de faire croire qu'il n'y aurait pas d'autres choix possibles que de reculer l'âge de la retraite, d'abaisser le niveau des pensions ou encore d'augmenter les cotisations retraite.

Leur projet :
Travailler plus et plus longtemps pour gagner moins !
Leur argument :
Face à l'augmentation de la durée de vie et l'évolution démographique, il n'y aurait pas
d'autre solution que de travailler plus longtemps : FAUX

Ce qui menace les retraites ce n'est pas l'allongement de l'espérance de vie, c'est le niveau du chômage et de la précarité. Jamais le patronat n'a aussi peu cotisé, jamais il n'a bénéficié d'autant d'allégements et d'exonérations diverses. Parallèlement, le chômage et la précarité n'ont cessé de progresser, entraînant ainsi une chute des cotisations. Reculer l'âge de départ à la retraite ne ferait qu'aggraver la situation surtout pour les jeunes, dont près d'un quart est aujourd'hui touché par le chômage.

Avec l'allongement de la durée des études, l'accès retardé au travail pour cause de chômage des jeunes, les séquences de travail souvent interrompues par des «accidents» économiques, il tiendra de l'exploit individuel de trouver 41 annuités pleines pour se construire une recette décente.
A moins qu'on ne crée massivement des emplois et qu'on révolutionne les modes de
financement…
…Une augmentation des rémunérations du travail et la sécurisation des parcours professionnels pour abolir le chômage annuleraient tous les déficits des caisses de protection sociale et de retraite.

La crise a montré que l'avenir est bien du côté de la protection sociale, de la sécurité de vie, pas du côté d'un système d'assurance privé et de retraite basé sur l'individualisme et les logiques financières. Le progrès ne peut pas être à l'image de ces retraités qui ont tout perdu avec la faillite de leur fonds de pension.
Nous avons vu que les sociétés qui jusque là résistent le moins mal à la crise sont celles où le niveau de services publics et de protection sociale est élevé. C'est même leur haut niveau qui permet le développement du pays.

 

La retraite : un débat de société, un enjeu de civilisation
On vit plus longtemps donc on travaille plus longtemps ?

Nous pensons que NON. Car au delà de l'enjeu du financement de la retraite, il y a également celui de la nature de notre vie en société.
L'âge du départ à la retraite et le financement de cette période de la vie recoupent de nombreuses questions telles que l'emploi, le développement et le partage des richesses produites, l'avenir des jeunes et l'activité de celles et ceux qui accèdent à la retraite après avoir contribué au développement économique, social et humain de la collectivité.

Pourquoi n'envisager les retraités que comme des inactifs ? L'activité professionnelle n'est pas la seule activité à contribuer au développement de la collectivité. Nous voyons que les retraités contribuent activement à la vie associative par exemple.
Il y a donc bien à interroger la place et l'utilité sociale de ceux qui accèdent à la retraite et à y apporter des réponses en fonction des désirs de chacun.

 

Le financement des retraites est-il remis en cause par l'augmentation du nombre
de retraités ?

La présentation faite par le gouvernement affirme que oui. Il est vrai que la part de la valeur des richesses qui servent à payer les retraites a augmenté au fur et à mesure des années. Mais ce qu'il oublie d'ajouter c'est que l'amélioration et les gains en productivité du travail (progrès technologiques, hausse de la qualification) ont
permis de compenser cette augmentation sans que l'économie en souffre.
En revanche, pendant que la part des salaires diminuait, celle des profits augmentait exactement du même montant, au bénéfice des dividendes pour les actionnaires.

Le projet de Nicolas Sarkozy sur les retraites cache donc un véritable débat de société. A qui doit profiter la valeur ajoutée produite dans ce pays ?
- aux actionnaires, aux revenus financiers comme c'est de plus en plus le cas ou
- à la société, aux créateurs de richesses que sont les travailleurs manuels et intellectuels ? Telle est l'alternative que nous souhaitons construire avec vous.

 

 

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