LOGEMENT
04/07/13
Avenir de la RUA. Un accord qui ne répond à l'urgence des besoins

Déclaration de Brigitte Gonthier-Maurin, Sénatrice PCF

1er juillet 2013

Si je prends acte de l’accord signé le 28 juin par le représentant de l’Etat, le président du Conseil général des Hauts-de-Seine, la communauté d’agglomération des Hauts-de-Bièvre (CAHB) et la municipalité d’Antony qui entérine le transfert de la résidence universitaire Jean Zay d’Antony (RUA) à la CAHB, je ne peux que le déplorer et ce pour plusieurs raisons.

Comme je l’ai rappelé au Sénat, le 21 juin dernier, lors du débat sur le projet de loi relatif à l’enseignement supérieur et la recherche, le transfert de la propriété de la RUA à la CAHB, orchestré par Monsieur Patrick Devedjian, était motivé non pas par le logement étudiant mais par l’opportunité immobilière que constitue ce terrain de 11 hectares, à moins de 30 minutes de RER de Paris.

Pour preuve, depuis 2009, ce transfert s’est soldé par la déstructuration de 548 logements étudiants et par l’inoccupation de deux bâtiments (G et H). Un véritable gâchis alors même que la RUA disposait de plus de 2000 logements, près de 14 % du parc étudiant disponible en Ile-de-France.

De plus, alors que le Conseil général des Hauts-de-Seine s’était engagé en 2008, déjà par convention avec l’Etat, à produire en cinq ans 3000 logements étudiants, seuls 1300 ont été livrés en 5 ans.

Je déplore donc que cet accord entérine cette situation, puisque seuls 1080 logements seront maintenus sur le site de la RUA. Un chiffre très en-deçà de ce que réclamaient les associations de défense de la RUA (1600 à 2000 logements) et les élus locaux mobilisés sur ce dossier.

L’accord prévoit aussi 1200 logements nouveaux dans le périmètre de la CAHB et des communes limitrophes et la construction de 3000 logements supplémentaires à l’échelle du département. Rien n’est dit sur la localisation précise ni la taille de ces futurs logements, quand la RUA dispose de T2 de 27m2 qui ne demandent qu’à être réhabilités.

Quant aux loyers qui seront pratiqués, je rappelle que les loyers des chambres étudiantes de la résidence Louise Bourgeois, construite à Antony, correspondent à plus du double de ce que coûte une chambre à la RUA, et n’ont donc rien de logement social étudiant.

C’est pourquoi j’appelle l’Etat à une vigilance extrême sur tous ces points dans un contexte de pénurie qui nuit à la réussite des étudiants.