INTERNATIONAL
31/01/12
SOS Tunisie : les libertés menacées !

Une pétition des tunisiennes et des tunisiens de l'étranger...
ouverte à toutes celles et ceux qui veulent affirmer leur solidarité.
Lien vers la pétition : http://www.petitions24.net/sos_tunisie_les_libertes_menacees

L’état des libertés publiques en Tunisie appelle à la vigilance et à la mobilisation.
Nous apprenons, au quotidien, des violations et des atteintes répétées aux libertés fondamentales : à la liberté d’expression, à la liberté de la presse, à la liberté d’information, à la liberté de création et à la liberté de pensée.
Nous, Tunisiennes et Tunisiens de l’étranger, signataires de cet appel, sommes inquiet(e)s de la dégradation des libertés acquises par la Révolution tunisienne, dont la revendication essentielle était : la liberté, le travail et la dignité.
Nous sommes inquiet(e)s parce que chaque jour apporte son lot d’atteintes et de violations des libertés publiques et, en particulier, de la liberté de la presse.
Ce lundi 23 janvier se tenait un procès, celui d’une chaîne de télévision – un procès qui n’aurait pas dû exister et qui nous rappelle les sombres moments de la dictature de l’ancien régime.
Quels que soient les reproches « légitimes » d’une partie de l’opinion exprimées lors de la projection d’un film ou d’une création artistique, ceux-ci ne justifient ni la violence ni les menaces. Ces reproches ne justifient pas non plus la poursuite judiciaire d’une chaîne de télévision dans l’exercice de son travail.
Les médias, quelle que soit leur nature, publics ou privés, doivent jouir de la pleine liberté de diffusion et d’expression dans un pays libre et démocratique.
Lors de ce procès, Abdelhalim Messaoudi, Hamadi Redissi, Zyed Krichen, Salah Zeghidi, Saïda Garrach, Youssef Seddik... (journalistes, universitaires et militants des droits de l’homme), présents aux abords du Palais de justice, ont subi des agressions et des humiliations de la part d’un groupe de personnes dites « salafistes ».
Les libertés fondamentales, avec l’indépendance de la justice, sont les piliers et les garants d’une société réellement démocratique.
Il est inadmissible qu’une société démocratique ne soit pas capable d’assurer l’ordre public et son maintien, de surcroît lors d’un procès qui semble mobiliser le ban et l’arrière-ban de la partie qui l’a provoqué.
Est-ce normal que la sécurité des citoyen(ne)s ne soit pas assurée et que la police soit restée inerte dans un tel contexte?
Nous ne pouvons rester silencieux devant cette violence, et nous nous joignons à toutes les voix qui, en Tunisie, se sont élevées contre ces méthodes qui nous rappellent de tristes souvenirs.
Nous exprimons notre soutien et notre solidarité aux victimes de ces agressions et déplorons l’absence de sécurité dans ce contexte qui exigeait un minimum de prévention.
Nous, signataires de cet appel, demandons aux autorités publiques d’assumer leur responsabilité de garant du maintien de l’ordre public et de la sécurité des citoyen(ne)s.
Nous regrettons que la police attende des ordres, qui ne viennent pas.
Après les incidents subis par la Faculté de la Manouba et le tâtonnement dans le traitement du problème par les autorités compétentes, nous voilà, à nouveau, aujourd’hui, en présence d’une inertie des autorités en matière de maintien de l’ordre public.
Nous demandons aux autorités publiques de mettre tout en œuvre pour rechercher les auteurs de ces violences, de les traduire devant les tribunaux et d’assurer sans délai la sécurité des personnes menacées.
Nous rappelons que la démocratie ne peut se construire dans un climat d’intolérance et de violence et en l’absence du respect des libertés fondamentales (libertés publiques et individuelles).